Chapitre 1 raconté par Bill
« -On ne se quittera jamais hein dis Billou ?
- Jamais ! je t'adore trop trop trop fort !! »
J'ouvre mes yeux, puis me redresse en sursaut. Un rêve, ce n'était qu'un rêve... Pourtant, je sais que dans cette vie tu existe... Toi tu n' est pas un rêve, toi et maman vous m'avez abandonné, vous m'avez laissé avec cet homme qui me détruit ! Je me retourne et vois mon réveil qui affiche 8h01. super pour un dimanche... Je me lève, puis vais dans la salle de bain. Je me place en face de mon miroir, une silhouette super maigre avec des bleus et plaies dispersés sur le corps y apparaît.
« - Bill, tu es affreux... »
J' entre dans la cabine de douche après m'être dévêtu, puis allume l' eau, qui se met à couler sur moi. Ah comme ça fait du bien... Des gouttes d'eau trouvent une place sur mon corps, cette sensation me fais un bien fou, je me sens libre...
TOC TOC TOC !!
« - Bon grouilles toi un peu ! »
Cette liberté n'a pas durée très longtemps malheureusement... je sors de la salle de bain, une serviette autour de ma taille, puis retourne dans ma chambre, en face de mon armoire. Pour aujourd'hui, ça sera jean moulant avec haut noir et veste noir et rouge, sans oublier les bijoux et la coiffure assez excentrique... Ça fait à peut prés 2 ans que j'ai le look androgyne, et ce style s' atténue de jour en jour que je reste ici.
J'entre dans la cuisine, mon père est assis, il boit son café, en lisant le journal.
« - Bonjour... »
Il me fait un signe de tête comme réponse, sans un regard. Je m' assois en face de lui, prends le couteau, puis commence à couper du pain.
« - Je peux sortir aujourd'hui ? » demandais-je, toujours le couteau à la main.
Il rigole, un rire vraiment pas discret, et qui se veut vexant... Sans m' en rendre vraiment compte, je ressert mon emprise sur le couteau.
« - mais avec qui ? tu n'as pas d'amis ! »
Je finis de couper le pain brusquement, mais essais de ne pas lui montrer, j'ai déjà assez de blessures comme ça...
« - Moi par contre, je vais sortir, après tout, j'ai des amis MOI »
Je me lève brusquement, et passe derrière lui, pour prendre la cafetière.
« - Oui c'est vrai, la bière et les putes ». marmonnai- je
Il lève enfin la tête de son journal, alors que moi je me rassois.
« - pardon ??
- non rien... »
Le petit déjeuner se finit dans le silence. L' homme qui me sert de père se lève une fois sa lecture de journal fini, puis monte à l' étage, me laissant l' honneur de ranger et de faire la vaisselle à sa place.
[...]
Il est maintenant 14h36, ça fait à peut prés 1 heure que mon père est sortit. Moi, je viens de finir de faire la vaisselle, je met donc mon manteau, et sors à mon tour de la maison. Il pleut. Tant pis, dans les magasins, il ne pleut pas...
Je me ballade un peu dans le centre commercial, la vue de toutes ces belles choses me démoralise... savoir que je ne peux rien acheter, savoir que je me casse la tête pour gagner du fric, mais qu'un homme me le pique pour tout claquer dans l' alcool me rends malade.
Je sors du magasin, et me retrouve une nouvelle fois sous la pluie. Bon allé, j' y vais quand même, après tout, je ne vais pas rester éternellement dans un magasin ou même les babioles les moins chers, sont encore trop coûteuses pour moi... je vais donc au parc, m' allonge sur un banc dans un petit abris, et écoute de la musique, jusqu'à ce que je sombre malgré moi, au pays des rêves.
« - Tomy, pourquoi papa et maman ils sont mariés ?
- Maman m'a dit que c'est parce qu'il s' aiment très fort !
- Bah alors moi je me marierais avec toi !
- Ouais, et on fera pas comme maman et papa, on se disputera jamais hein billou ? »
Je me lève en sursaut, oh non ! j' me suis endormis !! je regarde l' église devant le parc, l' horloge affiche 17h55.
« - merde !! »
je me lève et pars en courant chez moi. Une fois arrivée là bas, j' ouvre la porte, entre tout doucement, espérant que mon père n' est pas encore là.
« - C'est à cet heure si qu'on rentre ?!
- je suis désolé. »
je m'approche de mon père, espérant pouvoir passer, mais il me retiens par le bras ; Je le retire violemment puis cours en directions de ma chambre, le poussant pour que je puisse passer.
« - reviens ici !!! »
je franchis le seuil de ma porte, ferme à clé, puis m' adosse contre le mur. Mon père claque contre la porte, criant des « ouvres moi !! » mais je ne le fais pas. J'ai tord je sais, il va être 3 fois plus énervé, mais je suis beaucoup trop impuissant contre lui... je suis donc vraiment lâche, et il en profite.
10 petites minutes plus tard, les bruits se sont arrêtés, j' ouvre la porte tout doucement, y passe ma tête et ne vois personne dans le couloir. Je m' aventure hors de ma chambre, puis vais dans la salle de bain. Oh non !! il y est... il m' attendais...
je recommence à courir dans la maison, il me suis, puis arrive à me coller contre le mur du salon.
« - Bah alors, on obéis pas à son papa ? » me lance-t-il avec un air narquois.
je me débats, j' essais d' enlever mes poignet de ses mains, mais il est bien trop fort...
« - ça m' excite quand on me résiste »
Il passe sa langue sur sa lèvre inférieur. Pff, il me dégoûte...
« - j' suis ton fils putain !!! lâches moi !!
- j'ai un fils super sexy ! »
il me mords l' oreille, moi, je me débats toujours.
« - DEGAGE !!!! »
Merde, c'est partit tout seule... putain pourquoi t'as dis ça Bill ?!
« - COMMENT ?!!!!! »
il retire sa main droite de mon poignet, pour pouvoir me donner un coup dans le ventre. Je me plies de douleurs, jusqu'à ce qu'il m' en redonne un, faisant en sorte que je tombe. Une fois cela fait, les coups de pieds s' enchaînent, tous plus fort les uns que les autres. Moi, je suis en boule sur le sol ; je suis une merde qui ne bouge pas et qui ne pleure pas... oui c'est ça, je suis une grosse merde impuissante, une grosse merde qui n' a même pas le courage de se défendre, une grosse merde qui n'a pas le courage de se suicider non plus, alors que je sais que bientôt c'est lui qui me tuera.
Fin Chapitre 1